Allemagne – Sigurdsson : “Contre nous, les Hongrois sont favoris”

Stuutgart, 11. Juli 2016. Die Deutsche Handball-Nationalmannschaft der Männer posiert für Portraits vor weißem Hintergrund im Studio.

12 janvier 2017

Après avoir mené les Allemands jusqu’à l’or européen et le bronze olympique en 2016, Dagur Sigurdsson disputera en France sa dernière compétition à la tête de la Mannschaft. L’Islandais, expérimenté, évoque ses ambitions avant de débuter le Championnat du monde 2017.

Avez-vous réalisé le même type de préparation que pour l’Euro victorieux en Pologne l’an passé ?
Pas du tout. Nous sommes repartis de zéro, d’une page vierge. Calquez-vous sur quelque chose que vous avez déjà fait, essayez de reproduire la même chose et vous avez toutes les chances que ça ne fonctionne pas ! Chaque tournoi est un nouveau challenge, avec de nouveaux joueurs, de nouveaux adversaires, un temps de préparation différent. Nous abordons le Mondial avec une stratégie complètement différente.

Vous avez largement dominé la Roumanie (30-21) et l’Autriche (33-16) récemment. Des résultats encourageants pour la compétition…
Nous avons plutôt bien joué, notamment lors du test final contre les Autrichiens. Mais face à la Hongrie, lors de notre premier match de poule à Rouen vendredi (17h45), ce sera complètement différent. Les premiers matches sont cruciaux dans ce genre de compétition, donc nous nous nous sommes focalisés sur la Hongrie pendant notre préparation. J’évalue nos chances contre les Hongrois à 40-60, bref ils sont favoris selon moi. Il s’agit d’une équipe extrêmement expérimentée, qui n’a pas forcément bien joué lors des derniers tournois, mais qui est prête désormais.

Il y a un an, l’Allemagne avait perdu son match d’ouverture de l’Euro polonais, avant de décrocher le titre grâce à sept victoires consécutives…C’est vrai ! Et j’espère que nous avons bien retenu la leçon, et que nous ne referons pas les mêmes erreurs, en se rappelant également que nous sommes passés à un cheveu de l’élimination le match suivant, contre la Suède. Nous en sommes sortis plus forts. J’espère qu’ici, nous saurons rapidement nous relever de nos échecs, si nous en connaissons. En fin de compte, tout est une question d’attitude, il faut être capable de trouver la bonne.

Les autres équipes du groupe C, à l’exception de la Croatie, semblent à votre portée…
Sur le papier, la Croatie, la Hongrie et l’Allemagne sont favoris mais je m’attends à un premier tour difficile. Par exemple, la Biélorussie a battu l’Islande l’an passé et peut encore dominer une de ces trois équipes à Rouen. Il ne faut pas non plus sous-estimer le Chili. Nous avons connu des problèmes face à l’Argentine en 2015, nous avons perdu contre le Brésil à Rio… Donc nous devons rester méfiants ! Ces matches de poule n’auront rien d’une promenade de santé.

Vous avez annoncé que vous quittiez votre poste à l’issue du Championnat du monde pour prendre les rênes de la sélection japonaise. Vous aviez besoin d’un nouveau challenge  ?
Il s’agit d’une décision globale concernant ma famille, mon futur. Ma femme et moi retournerons dans un premier temps en Islande. Et depuis là-bas, j’ai l’opportunité de prendre ces nouvelles fonctions au Japon, en étant sur place une centaine de jours par an. Quitter cette équipe d’Allemagne est une décision difficile à prendre, surtout maintenant. Ils gagneront d’autres titres dans les années à venir, et j’aurai sans doute un peu d’amertume. Mais comme je l’ai dit, il s’agit d’une décision qui va au-delà du handball.

Le Championnat du monde 2017 sera votre ultime compétition avec l’Allemagne. Votre motivation sera-t-elle décuplée ?
Notre but, c’est de faire mieux qu’au Qatar, où nous avions terminé septièmes. Nos adversaires nous considèrent aujourd’hui comme favoris suite à nos bons résultats en 2016. C’est évidemment une fierté, mais on n’y pense pas plus que cela. La vérité sera celle du terrain, même si bien-sûr, nous pensons aux demi-finales.