Dinart et son Talant d’entraîneur

Dinart v2 (1)

19 janvier 2017

A l’occasion du dernier match de groupe de l’équipe de France, ce jeudi (17h45) au Hall XXL de Nantes, le sélectionneur des Bleus Didier Dinart va affronter la Pologne de Talant Dujshebaev, légende mondiale du handball, qui a changé son jeu et lui a transmis la vocation d’entraîneur.

Au coup de sifflet final, leur poignée de main vaudra le détour. Elle sera empreinte de respect. Face à face le temps de ce France-Pologne sans enjeu, Didier Dinart, le sélectionneur des Bleus et Talant Dujshebaev, celui des Polonais, retrouveront alors leur belle complicité. “Il est une référence pour moi, confie le coach des Bleus. Je continue à le consulter, on échange énormément». Les deux hommes ont commencé à tisser ce lien fort à Ciudad Real, à 190 kilomètres au Sud de Madrid, où le Français a joué entre 2003 et 2012. Le Kirghize, naturalisé espagnol en 1995, faisait alors ses premiers pas d’entraîneur. “C’est un grand monsieur, qui m’a permis d’analyser et changer complètement mon jeu à l’âge de 29 ans, se souvient Dinart. Grâce à lui, j’ai énormément appris en tant que joueur, mais aussi sur la structuration de mes entraînements.”

L’équipe de France, qui a souvent bâti ses succès autour de la “science défensive” de son Guadeloupéen, peut donc remercier Talant Dujshebaev, 48 ans. Ce dernier, parti à Kielce en Pologne, à la suite du dépôt de bilan du club espagnol en juillet 2013, a toujours gardé un œil sur son poulain, qu’il considère comme “le meilleur défenseur de l’histoire du handball” et qu’il a vu évoluer dans son rôle d’entraîneur, jusqu’à être propulsé numéro un avec l’équipe de France. “Il a fait du bon boulot en tant que deuxième entraîneur ces dernières années et maintenant je lui souhaite tout le meilleur, déclarait Dujshebaev cette semaine. Je sais qu’il m’apprécie beaucoup. Et j’ai beaucoup de respect pour lui.”

“Talant est quelqu’un de volcanique, mais toujours à bon escient”

Sur le banc, pourtant, la forte personnalité du Français n’égale pas le “caractère trempé” de son aîné. “Je m’énerve parfois mais Gino (Guillaume Gille) essaye de me tempérer, sourit l’ancien défenseur. Talant est quelqu’un de volcanique, mais il l’a toujours été à bon escient. Sur le terrain, il est capable de s’énerver comme pas possible contre toi, mais c’est parce qu’il te donne énormément d’amour en dehors. La principale chose qui lui tient à cœur, c’est qu’on soit une famille.»

Cette approche, que l’on retrouve dans le fonctionnement des Bleus – les deux entraîneurs sont très proches des cadres, qui assument, eux, le rôle de “grands frères” auprès des plus jeunes – a largement fait ses preuves avec Talant à la baguette. “Cela nous donnait la possibilité de faire des choses improbables, se rappelle Dinart. Comme cette finale de Champions League où nous allons gagner de cinq buts à Kiel après avoir perdu de deux chez nous. Il est capable de te surpasser.” Cette saison-là, en 2007-2008, Ciudad Real avait tout emporté sur son passage, régnant sur l’Europe donc et réalisant le quadruplé à l’échelle nationale. Pour honorer son mentor, Dinart sait ce qu’il lui reste à faire : gagner à Paris, dimanche 29 janvier. Dujshebaev n’en doute pas une seconde.

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“Certainement mon meilleur entraîneur”

Luc Abalo, arrivé à Ciudad Real en 2008, garde lui aussi un souvenir marquant de son ancien coach : “Dujshebaev est certainement le meilleur entraîneur que j’ai eu, même si ça ne plaira pas à mes entraîneurs d’Ivry à l’époque (rires). Il est capable de te tirer vers le haut et c’est certainement lui qui m’a fait le plus progressé. Il a changé ma vision du handball sur et en dehors du terrain. Dans la vie de tous les jours, il est très près de ses joueurs, il veut vraiment que toute son équipe soit soudée comme une famille”.