Fabregas et Remili, Experts en herbe

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26 janvier 2017

A eux deux, ils dépassent à peine les 40 ans de Thierry Omeyer ! Ludovic Fabregas, 20 ans, et Nedim Remili, 21 ans, les “p’tits jeunes” de l’équipe de France, crèvent l’écran depuis le début du Championnat du monde 2017 et impressionnent les cadres. 

Dans un groupe auquel un joueur n’appartient qu’après avoir prouvé sa plus-value, Ludovic et Nedim ont réussi à se faire une place. Sous le regard bienveillant des “anciens”, ces fameux Experts qui règnent sur la planète handball ces dernières années. “Je m’entends super bien avec eux deux”, confirme Cédric Sorhaindo, dans le rôle du grand frère auprès de Fabregas. “Ludo, il joue au même poste que moi, son caractère est un peu le même que le mien, donc on accroche, détaille le pivot de Barcelone. Il est jeune, mais pour moi ce n’est déjà plus un jeune joueur.”

Fabregas, le “Wolverine” de Sorhaindo
Couvé lui-même lors de ses premiers pas en équipe de France par Didier Dinart – “il m’appelait Mini-Moi” – Sorhaindo est “admiratif” des performances de son cadet, auteur d’un quasi sans-faute au tir lors des sept premiers matchs des Bleus (25/27, 93% de réussite au tir en 42 minutes de temps de jeu moyen). “Ce qu’il fait c’est très bien. C’est même quelque chose de grandiose pour lui ! Mais je ne suis pas surpris, il est déjà un cadre à Montpellier. Les autres ont voulu dire que c’était mon Mini-Moi, mais c’est juste mon Wolverine, comme je l’appelle.”

S’il assure que “tout le monde savait qu’il pouvait le faire”, Sorhaindo reconnaît qu’il ne s’attendait pas à voir Fabregas briller “aussi vite”. La blessure de Luka Karabatic, touché à la cheville contre le Japon en phase de groupes, a accéléré la transition et naturellement donné plus de responsabilités au Montpelliérain. “Mais il travaille avec l’équipe depuis un petit moment, rappelle Daniel Narcisse, 37 ans. Et avec Didier (Dinart) depuis plus longtemps encore (en équipe de France jeunes). Il est en train de se récompenser de tout ce travail.”

Le détail des buts marqués par Fabregas dans le Championnat du monde 2017 :

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“Nedim Remili a su élever son niveau”
A une seule marche d’une deuxième finale de Championnat du monde en France, seize ans après le sacre de 2001, Daniel Narcisse se reconnaît forcément dans ces jeunes, qui intègrent un groupe composé de certains des meilleurs joueurs du monde : “A l’époque j’avais plus de facilité à discuter avec les Réunionnais, Jackson (Richardson) et Patrick Cazal. On en avait profité pour parler un peu en créole”. Le capitaine du PSG a vu exploser Nedim Remili, arrivé cet été à Paris en provenance de Créteil, et se montrer percutant sur chacune de ses entrées en jeu avec les Bleus (27/39 au tir, 69%, 31 minutes de temps de jeu en moyenne). “Nedim a énormément progressé. Il a su élever son niveau de jeu, analyse Narcisse. C’est un jeune qui a d’énormes qualités, capable de faire des belles choses sur un terrain. En général, ce qui est difficile pour les jeunes joueurs c’est d’être réguliers dans le niveau de jeu. Lui et Ludovic ont montré sur ce tournoi qu’ils en étaient capables.

Ludovic et Nedim bientôt bizutés…
A ces deux jeunes talents, Cédric Sorhaindo souhaite transmettre son expérience, “par [son] parcours de vie et [son] intégration” en bleu. “Je sais les mots que j’aurais aimé entendre”, explique-t-il. A propos d’intégration, qu’en est-t-il du bizutage des nouveaux ? “On n’a pas trop eu le temps, mais on va le trouver, ne vous inquiétez pas, rigole Narcisse. Ça fait toujours partie du processus. On s’en occupera avant la fin de l’année, mais on est un peu mal, parce qu’il y a de plus en plus de jeunes, on va finir par être en infériorité numérique pour les bizutages. En plus, ils sont costauds !” Fabregas et Remili se sont appliqués à le démontrer tout au long des sept matchs des Bleus depuis le début du Championnat du monde 2017.

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“Nous avons su tout de suite que Fabregas allait devenir excellent”

Jure Dolenec, l’arrière droit de la Slovénie, connaît bien Ludovic Fabregas, avec qui il évolue à Montpellier : “Je me rappelle quand il est arrivé, il devait avoir 16 ans et nous avons su tout de suite qu’il allait devenir un excellent joueur. Dès le début, il a montré son talent et son envie de progresser. C’est un très bon mec, je l’aime bien et je suis très fier qu’il joue beaucoup et qu’il montre ce dont il est capable avec l’équipe de France. Mais je ne lui ferai pas de cadeau pour autant, je tâcherai d’être meilleur que lui.”

Photos : Stéphane Pillaud/IHF