Féroce et opportuniste, l’Islande ne lâche jamais rien

Blablan3

20 janvier 2017

La France sera donc opposée à l’Islande en huitième de finale du Championnat du monde 2017, samedi 21 janvier à 18h00 à Lille Métropole, dans un Stade Pierre-Mauroy certainement à guichets fermés. Voici tout ce qu’il faut savoir sur cet adversaire batailleur, qui a posé des problèmes aux Bleus ces cinq dernières années.

L’Islande dans le groupe B
La sélection menée par Geir Sveinsson a entamé son tournoi par une défaite encourageante (21-27) contre l’Espagne (elle menait de 2 buts à la pause). Les Islandais se sont ensuite inclinés d’un petit but face à la Slovénie (25-26) après un match très disputé. C’est un autre combat féroce, face à la Tunisie, qui a offert leur premier point aux Scandinaves (22-22). La formalité face à l’Angola a ensuite permis aux attaquants de gagner en confiance (33-19). Enfin, les Islandais ont terminé cette phase de groupes par un match face à l’ARY Macédoine, qu’il ne fallait absolument pas perdre pour retrouver la France en huitième. Contrat rempli dans les dernières minutes, avec un nul arraché de haute lutte (27-27).

Les derniers France-Islande
Les deux nations n’ont cessé de s’affronter ces dix dernières années. Le huitième de finale de samedi sera ainsi leur seizième face-à-face en dix ans. Et les statistiques penchent clairement en faveur des Bleus : neuf victoires de la France, trois victoires de l’Islande et trois matchs nuls. En Championnat du monde, l’Islande avait gagné le premier duel il y a dix ans presque jour pour jour (32-24, le 22 janvier 2007, en phase de poules) et la France a remporté les deux suivants en 2011 (36-28, tour principal) et en 2013 (30-28, huitième de finale). Enfin, les deux équipes ont fait match nul en 2015 (26-26, en phase de poules).

Si la France a remporté le match le plus important entre les deux équipes, en finale des Jeux Olympiques 2008 à Pékin (28-23), elle reste sur deux matchs sans victoire (défaite en amical, 23-25, en novembre 2015 et match nul au Championnat du monde 2015) et elle n’a même remporté qu’un seul des cinq derniers face-à-face… un huitième de finale de Championnat du monde, le 20 janvier 2013 à Barcelone (30-28). Quatre ans et un jour plus tard, les supporters français espèrent forcément que l’histoire se répète.

Points forts et points faibles
Privée de son meilleur joueur, Aron Palmarsson, blessé et forfait pour le tournoi, l’Islande a su s’appuyer sur d’autres forces pour franchir l’obstacle du premier tour. Celles-ci reposent en premiers lieu sur une solide défense. Avec 121 buts encaissés en cinq matchs, l’Islande présente ainsi, malgré sa quatrième place, la deuxième meilleure défense du groupe B derrière l’Espagne (115 buts encaissés). L’Islande a subi 176 tirs adverses au total lors du premier tour, soit 5 de moins que l’équipe de France (181). Côté offensif, l’Islande s’est particulièrement illustrée en contre-attaque et sur les jets de 7 mètres, avec des taux de réussite très élevés et surtout supérieurs à ceux de l’équipe de France (86 % contre 78% en contre-attaques et 82% contre 53% seulement sur jet de 7 mètres). Enfin, les gardiens islandais se sont montrés particulièrement efficaces sur les jets de 7 mètres adverses, stoppant 39% des penaltys obtenus par leurs adversaires, l’un des tous meilleurs ratios du tournoi (photo : Bjorgvin Pall Gustavsson).

Au rayon points faibles, on notera que les Islandais ne sont pas très adroits à longue distance (l’absence du puissant Aron Palmarsson y est sans doute pour quelque chose). L’arrière droit Runar Karason et ses partenaires ont converti en but seulement 38% de leurs tirs pris à 9 mètres (le ratio des Français atteint 53%). Si leur organisation défensive est difficile à prendre en défaut, les Islandais peinent en revanche à réaliser des gestes décisifs dans leur moitié de terrain. Depuis le début du tournoi, l’Islande tourne en effet à 2,4 interceptions et 2,6 contres de moyenne par match, des chiffres largement inférieurs à ceux des Bleus (5,4 interceptions et 4,2 contres par match en moyenne). Enfin, la défense islandaise se montre souvent trop rugueuse : les Islandais ont en effet été sanctionnés de 14 cartons jaunes et de 22 suspensions temporaires en cinq rencontres, ce qui les place parmi les équipes les plus indisciplinées de ce Championnat du monde 2017.

Le joueur à suivre : Gudjon Valur Sigurdsson
En l’absence d’Aron Palmarsson, Gudjon Valur Sigurdsson (photo) sera le joueur à surveiller en priorité pour l’équipe de France. A 37 ans, l’ailier gauche des Rhein-Neckar Lowen est la meilleure gâchette de l’histoire de son équipe nationale, avec plus de 1700 buts au compteur. Depuis le début du Championnat du monde 2017, il affiche une belle moyenne de 4,8 buts par match (24 en phase de poules). Meilleur réalisateur du Championnat du monde 2007, vainqueur de la Ligue des Champions 2014-2015 avec Barcelone, Sigurdsson a également été nommé meilleur ailier gauche des Jeux Olympiques 2008, où il avait obtenu une médaille d’argent (défaite face à la France 28-23). Sur son aile gauche, il sera aidé par le redoutable Bjarki Mar Elisson, 26 ans (19/24 au tir sur la phase de poules).

L’avis de Jérôme Fernandez, ambassadeur phénoménal : “Ça peut devenir compliqué…”
“L’Islande est une nation qui produit beaucoup de talents, notamment chez les jeunes. Cette équipe est d’ailleurs engagée dans un changement de génération. Ce n’est plus l’Islande de 2008 (médaille d’argent aux Jeux Olympiques) ou de 2010 (médaille de bronze à l’Euro). En plus, il leur manque Aron Palmarsson, qui est plus que leur meilleur joueur. C’est vraiment leur métronome, leur maître à jouer, celui qui dirige tout en attaque et qui tire l’équipe vers le haut. Sur un match, ils sont tout de même capables d’inquiéter tout le monde et de faire 60 minutes pleines, car ce sont de vrais athlètes. Si leur gardiens sont performants, ça peut devenir compliqué.”

Photo le gardien Bjorgvin Pall Gustavsson : Vincent Michel/France Handball 2017