Valentin Porte : “C’est encore plus fou que ce qu’on imaginait !”

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27 janvier 2017

Après son quart en demi-teinte, Valentin Porte est revenu en pleine lumière lors de la demi-finale gagnée face à la Slovénie ce jeudi soir (31-25), dans une AccorHotels Arena, qui l’a encore bluffé. Le joueur de Montpellier, champion du monde 2015 et élu meilleur arrière droit des JO 2016, nous raconte son Championnat du monde, le niveau d’exigence des Bleus et son bonheur de jouer une finale à domicile, en présence de sa famille.

Vous êtes en finale ! Qu’est-ce que ça vous inspire ?
C’est beaucoup d’émotions de jouer devant sa famille et ses amis, ça n’arrive pas tous les jours, encore moins avec l’équipe de France, donc le faire ici à l’AccorHotels Arena en demi-finale d’un Championnat du monde, c’est magnifique. Le premier objectif est atteint, maintenant, nous sommes à une heure d’obtenir ce titre que nous nous étions promis d’aller chercher. A nous de faire le boulot, de ne pas gâcher tout ça et d’aller chercher la victoire. On va s’appuyer sur ce public, qui nous a portés depuis le début. Nous voulons leur rendre le plaisir qu’ils nous apportent depuis quinze jours.

Cette ambiance, elle est vraiment phénoménale ?
Oui, ça donne des frissons. C’est un Championnat du monde, l’une des compétitions les plus importantes et on ne l’avait plus organisé en France depuis 2001. Le public qui nous suit depuis ces dernières années a enfin l’occasion de venir nous voir “en vrai” et de nous supporter. C’est fabuleux ! Nous nous attendions à un truc de fou, mais quand on l’imagine, c’est différent. Quand tu le vis vraiment, ça donne la chair de poule. Le public a répondu présent, l’organisation est vraiment super depuis le début, donc nous tenons vraiment à remercier tout le monde pour ce tournoi très réussi.

La défaite en finale des Jeux Olympiques vous avait beaucoup touché. Comment voyez-vous celle qui se profile ?
J’ai toujours une petite appréhension avant les matchs importants. A Rio, on s’est écroulés face au Danemark et j’ai vu un visage de l’équipe de France que je ne connaissais pas. Je me suis dit que ça pouvait peut-être se reproduire. Du coup, je suis moins serein avant les matchs désormais. Depuis cette finale, les adversaires jouent plus crânement leur chance. Donc il y a toujours cette petite appréhension, c’est pour ça que je vais préparer cette finale avec beaucoup d’humilité et de sérieux.

Est-ce que la défaite au Brésil vous a fait progresser ?
Oui, évidemment. Les grandes équipes apprennent de leurs erreurs. Ce qui nous avaient manqué aux JO, clairement, ce sont ces rotations et cette fraîcheur physique sur la fin. Face à la Slovénie, on a vu que sur quinze ou vingt minutes, nous pouvions nous passer de “Niko”, de Daniel et de “Titi” en même temps, sans rien perdre en termes d’efficacité et de rythme. Et ça nous permet de les retrouver frais dans le money time. Ce sont des signes qui ne trompent pas et cela peut faire la différence en finale.

L’équipe de départ n’est jamais la même d’un match à l’autre, est-ce compliqué de s’adapter ?
C’est notre boulot. Nous sommes une équipe de 16 joueurs, nous nous devons d’être toujours sur le qui-vive, il faut se préparer à n’importe quelle éventualité. Si un joueur se blesse au début, il faut rentrer et être immédiatement performant. Qu’on joue peu ou beaucoup, il faut toujours être prêt à apporter.

Lors du quart de finale, vous aviez demandé à sortir parce que vous étiez en échec et en demi-finale, vous faites un match énorme. Comment l’expliquez-vous ?
Sur le match de la Suède, j’ai bien commencé et ensuite, j’ai plongé psychologiquement après quelques tirs ratés. A partir de ce moment-là, je sais que je coûte à l’équipe et je préfère sortir, parce que sur le banc, il y a des joueurs de qualité. Quand tu sens que tu n’es pas bien, il faut savoir se mettre en retrait, ça vient avec les années, je n’ai pas peur de sortir. Il ne faut pas être égoïste dans ces moments-là. Contre la Slovénie, j’ai commencé, j’étais en confiance et j’ai réussi mon match. Ce jeudi soir, c’était pour moi et dimanche, ce sera peut-être quelqu’un d’autre. C’est ça qui fait la force de l’équipe de France, ces rotations et cette qualité, quels que soient les joueurs sur le terrain.

Quels sont les points sur lesquels l’équipe de France peut encore progresser ?
Il y a toujours quelque chose à améliorer. En attaque, il y a encore certaines pertes de balles bêtes, sur des problèmes de timing, que nous pourrions éviter et qui remettent souvent nos adversaires dans le match. Défensivement aussi, il y a toujours des petits soucis, des oublis. C’est une éternelle remise en question, pour être le plus proche possible de la perfection.

Photo : Stéphane Pillaud/IHF