JO : Les Bleus bien lancés

Karabatic

12 août 2016

Débuté le 7 août, le tournoi masculin des Jeux Olympiques a confirmé que l’équipe de France était bien la principale prétendante à sa succession. Le Brésil et la Slovénie font partie des révélations de cette entame de Jeux. Premier bilan en cinq enseignements…

Les Bleus déjà en quarts

Double championne olympique en titre, l’équipe de France est arrivée au Brésil avec un seul objectif en tête : signer un inédit triplé. Sa quête a pris une certaine épaisseur au terme des trois premières journées. Après un premier succès étriqué face à la Tunisie (25-23), les hommes de Claude Onesta ont en effet frappé fort en éparpillant le Qatar, vice-champion du monde, dès la deuxième journée (35-20). Un succès confirmé sans frémir dans la nuit de jeudi à vendredi, face à l’Argentine (31-24). Désormais qualifiés pour les quarts de finale, les partenaires de Nikola Karabatic vont maintenant se frotter à la Croatie, samedi, puis au Danemark, lundi. S’ils y mettent les ingrédients vus lors de ce début de tournoi – grosse pression défensive et montées de balle assassines -, difficile d’imaginer les Tricolores mordre la poussière…

La surprise : Le Brésil

Seizième du dernier Mondial au Qatar, le Brésil fait figure de valeur montante du handball mondial, avec une génération de jeunes joueurs qui ont su exporter leurs talents en Europe (Joao Silva, José Toledo, Thiagus dos Santos ou Cesar Almeida). Malgré tout, imaginer les Brésiliens et leur bouillant public au rendez-vous des quarts de finale semblait assez osé à l’orée de ce tournoi olympique. Après trois journées, la tendance est désormais inversée et ne pas voir la Seleçao intégrer le Top 8 serait une sacrée surprise. Les champions panaméricains en titre ont en effet déjà accroché le scalp de deux équipes européennes et pas des moindres : la Pologne et l’Allemagne, championne d’Europe en titre. Troisième avec quatre points au compteur, le Brésil doit désormais valider sa qualification face à l’Egypte puis à la Suède, qui occupent les deux dernières places du groupe.

Le(s) joueur(s) : prometteurs Slovènes…

L’équipe de France n’est pas la seule à être encore invaincue. Passée par les TQO, où elle a éliminé le vice-champion d’Europe espagnol, la Slovénie a réalisé un parcours immaculé avec trois victoires face à l’Egypte (27-26), le Brésil (31-28) et la Suède (29-24). Un parcours qui doit beaucoup au duo de gauchers Dolenec-Janc. Le premier, auteur de neuf buts depuis le début de la compétition, apporte énormément sur son poste d’arrière droit, de par sa vision du jeu ou ses appuis toujours imprévisibles. Il ne se prive pas non plus d’alimenter son jeune ailier, Blaz Janc. A seulement 19 ans, le joueur de Celje ne se contente pas d’avoir pris la place des plus expérimentés Gajic et Marguc, puisque du haut de ses 19 buts, le gaucher s’est permis de ne rater son premier tir que lors du troisième match, face à la Suède… Couvé par le plus expérimenté Vid Kavticnik, déjà présent au Jeux d’Athènes, ce duo semble plein de promesses…

L’action : Vincent Gérard profite des nouvelles règles

S’il est pour le moment assez inédit, le geste signé Vincent Gérard devrait de plus en plus se démocratiser dans les mois à venir. Lors de la première journée de ce tournoi olympique, face à la Tunisie, le gardien de l’équipe de France a inscrit un but de plus de 30 mètres, suite à un passage en force adverse. Le portier de Montpellier a pour le coup profité d’une nouvelle règle mise en place par l’IHF. Le gardien, s’il sort du terrain, peut désormais à tout moment être remplacé par un joueur, sans l’obligation d’utiliser la fameuse chasuble. Une règle qui permet aux équipes de jouer en supériorité ou à égalité numérique en cas d’exclusion temporaire en attaque. Mais cette règle nécessite qu’un joueur sorte ensuite du terrain pour laisser revenir son gardien. Sur cette action, Marouène Maggaiez n’a pas eu le temps de rejoindre son but, permettant à Vincent Gérard de s’offrir son but…

La phrase : Team USA au hand ?

« Peut-être six mois. Tout cela reste assez hypothétique. Il a tout ce qu’il faut. Quand vous le voyez jouer, vous restez sans voix. » Comme tous les quatre ans, la presse américaine se penche sur le handball, sport quasi inconnu aux Etats-Unis. C’est cette fois le Washington Post qui s’est interrogé sur la capacité qu’auraient les sportifs américains, et notamment le Team USA de basket, à être performants au handball. Et pour Javier Garcia-Cuesta, sélectionneur des Etats-Unis en handball, LeBron James ne pourrait mettre que six mois à dominer la discipline chère à Nikola Karabatic. Une idée que ne rejette pas totalement Mikkel Hansen. « C’est difficile à dire, a répondu la star danoise, élu meilleur joueur du monde 2015. J’admire vraiment LeBron James. Sa façon d’être sur le terrain, sa vision du jeu, c’est très impressionnant. Il aurait déjà une bonne base de départ, sachant que physiquement, il est fantastique. Mais il faut savoir aussi lancer le ballon… Donc je dirais peut-être… » De son coté, Valentin Porte a estimé qu’actuellement, le Team USA ne pourrait pas se contenter de son physique pour battre une équipe de handball. « Il y aurait 42 à 10. Physiquement, il n’y aurait pas de soucis, mais il y a d’autres éléments à prendre en jeu. Ils se feraient détruire. Désolé… », a conclu le joueur du MHB.

 Crédit photo : FFHandball/S.Pillaud

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