Le handball en cinq leçons : leçon n°2, les règles du jeu

mahe

29 décembre 2016

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Jusqu’au coup d’envoi du Championnat du monde 2017, nous vous proposons de réviser vos leçons de handball. Cette deuxième leçon est consacrée aux règles du jeu.

Au Championnat du monde comme dans un match amateur, le handball s’inscrit dans le même espace de jeu : un terrain de 40 mètres de long sur 20 de large, séparé en deux moitiés, avec à chaque extrémité un but large de 3 mètres, autour duquel s’étend, dans un rayon de 6 mètres, la surface de but (aussi appelée zone). Dans cet espace, s’affrontent deux équipes de sept joueurs, placées chacune d’un côté du terrain, avec l’objectif de marquer dans le but adverse. Les remplacements de joueurs sont autorisés et illimités. A partir de ces éléments de base, plusieurs lois vont régenter le déroulement d’un match de handball.

Marcher et reprise de dribble

L’avancée du ballon sur le terrain doit ainsi respecter certaines règles. “Un joueur n’a pas le droit de faire plus de trois pas avec le ballon en main, et lorsqu’il est immobile, il n’a pas le droit de garder le ballon plus de trois secondes, éclaire Edouard Mikolajczyk, référent des règles du jeu à la Commission Centrale d’Arbitrage de la FFHandball. Pour progresser avec le ballon sur le terrain, le joueur peut dribbler, c’est-à-dire le faire rebondir au sol.” Si le joueur s’arrête de dribbler, puis reprend son dribble, il est sanctionné d’une reprise de dribble et le ballon est rendu à l’adversaire.

Jeu passif

L’objectif du handball est de marquer des buts, et l’équipe en possession du ballon doit donner des gages de volonté offensive, sans quoi le ballon est rendu à l’adversaire. “Le joueur en possession de la balle doit montrer qu’il attaque l’adversaire, c’est-à-dire qu’il essaye de le déborder, de le passer, précise Edouard Mikolajczyk. S’il ne fait rien de tout cela, il entre en jeu passif. L’arbitre va alors lever le bras, en signe préalable d’avertissement, et à partir de ce moment, l’équipe qui attaque n’a droit qu’à six passes maximum. Cette dernière règle a été instaurée en 2016 par l’IHF. Auparavant, c’était à l’appréciation de l’arbitre.

L’échelle des sanctions

L’affrontement entre l’attaque et la défense fait naître d’inévitables contacts. “L’attaquant entre en contact pour essayer de déborder ou de tirer, le défenseur va essayer de ne pas se laisser déborder, synthétise Edouard Mikolajczyk. Pour cela, il y a des choses qui sont permises et d’autres qui ne le sont pas. Un défenseur a le droit d’arracher ou de frapper le ballon que l’adversaire tient dans ses mains, il a le droit de lui barrer le chemin avec les mains, les bras et les jambes, mais uniquement de face. Il peut aller au devant de l’adversaire et le retenir par le corps sans être dangereux.” Si le défenseur respecte ces règles, mais met trop d’intensité, une faute est sifflée pour l’équipe adverse, qui garde la possession du ballon. De la même manière, un passage en force peut être sifflé contre l’attaquant s’il percute la défense violemment.

Avertissement

En principe, ces fautes sont uniquement sanctionnées d’un jet franc, mais l’arbitre peut également adresser un avertissement, sous la forme d’un carton jaune “si le défenseur n’est pas exactement face à l’attaquant et qu’il le retient d’une main, s’il le retient par le maillot, ou s’il se jette sur le corps de l’adversaire en le poussant“. Un avertissement peut également être adressé pour une succession de petites fautes, ou pour un comportement antisportif sur ou en dehors du terrain (manifestations intempestives, insultes, gestes dangereux).

Exclusion temporaire

A partir du deuxième carton jaune, l’arbitre peut sanctionner le joueur incriminé d’une exclusion temporaire de deux minutes. “En théorie, l’échelle des sanctions est progressive, chaque joueur a droit à trois avertissements, mais en pratique, l’arbitre peut passer directement à une sanction de deux minutes s’il juge que la faute le mérite”, complète Edouard Mikolajczyk.

“Parmi les fautes passibles d’une exclusion temporaire, il y a les irrégularités commises avec une forte intensité ou lors d’un déplacement rapide, mais aussi le fait de maintenir fortement l’adversaire sur un laps de temps assez long et le projeter au sol, c’est une situation que l’on retrouve assez souvent.” Si un joueur reçoit trois exclusions temporaires dans un même match, il reçoit un carton rouge et est disqualifié.

Disqualification

Un carton rouge peut aussi être sorti directement dans certains cas, pour les actions qui touchent la tête, le cou, la nuque ou le bras tireur de l’adversaire, lorsque celui-ci est en suspension. “Lorsque l’action est particulièrement brutale, dangereuse, intentionnelle ou perfide, l’arbitre peut aller encore plus loin en sortant le carton bleu, qui signifie la disqualification et l’ouverture d’une procédure disciplinaire après le match“, ajoute Edouard Mikolajczyk.

Il faut cependant garder en tête que cette échelle théorique des sanctions doit en permanence être adaptée par les arbitres à la réalité du match. “L’arbitre doit ajuster sa lecture du jeu et ses sanctions en fonction du rapport de forces, qui ne sera pas le même pour une finale de Championnat du monde et pour un match de troisième division, souligne Edouard Mikolajczyk. La faute n’est pas forcément différente, mais la manière de la faire, si. Parmi les critères de décision, il y a notamment la position du joueur qui commet la faute, par rapport à son adversaire. Etait-il de face, de côté, ou est-il arrivé par derrière ? Le joueur victime de la faute était-il en appui ou en suspension ? Quelle partie du corps a été touchée ? Les arbitres doivent juger de tout cela, mais aussi de l’intensité de la faute, et de sa répercussion sur la continuité du jeu.

Jet de sept mètres

Dans certaines situations de jeu, un penalty peut être sifflé pour l’équipe attaquante. “Un jet de sept mètres est sifflé lorsqu’une faute est commise sur un joueur en situation manifeste de but, pose Edouard Mikolajczyk. Typiquement, lorsqu’un attaquant se dirige vers le but en devançant un défenseur, et que ce dernier l’accroche, il y a penalty. Par ailleurs, il est interdit de poser le pied dans la surface de but. Pour un défenseur, cela peut être sanctionné d’un jet de sept mètres. Lorsqu’un attaquant empiète sur la zone, une faute est sifflée contre lui et le ballon est rendu à l’équipe adverse.

Les nouvelles règles

En plus du jeu passif et du carton bleu, évoqués plus haut, trois autres nouvelles règles ont été instaurées en 2016 par l’IHF.

L’une d’elles concerne seulement les 30 dernières secondes du match. Lorsque la balle n’est pas en jeu, les gestes d’antijeu (pousser la balle hors du terrain ou ceinturer un adversaire pour retarder l’engagement…) sont sanctionnés d’un jet de sept mètres et d’un carton rouge. Lorsque la balle est en jeu, si une faute passible d’un carton rouge est commise, elle est en plus sanctionnée d’un jet de sept mètres automatique, quel que soit l’endroit du terrain où elle a été commise.

Une autre nouvelle règle cible les blessures plus ou moins simulées. A partir du moment où l’arbitre donne l’autorisation aux soigneurs d’entrer sur le terrain, le joueur est désormais obligé de sortir et ne pourra rentrer en jeu qu’après trois attaques de son équipe. “Dans la pratique, les arbitres invitent d’abord le joueur au sol à se relever, ce qu’il fait le plus souvent, précise Edouard Mikolasczyk. Depuis l’apparition de cette nouvelle règle, les joueurs traînent beaucoup moins au sol après un contact.

Enfin, la dernière règle est une extension de celle qui s’appliquait seulement en période d’infériorité numérique et qui permet de remplacer le gardien par un joueur de champ en attaque. Il est désormais possible de le faire à tout moment, selon deux possibilités : avec chasuble, le joueur portant une chasuble pourra jouer le rôle du gardien en cas de contre-attaque ; et sans chasuble, aucun joueur de champ n’a alors le droit de pénétrer dans la surface de but, et il faut absolument procéder à un changement pour permettre au gardien de revenir en jeu.