Le handball en cinq leçons : leçon n°3, les stars du handball

Ivano Balic

2 janvier 2017

Jusqu’au coup d’envoi du Championnat du monde 2017, nous vous proposons de réviser vos leçons de handball. Cette troisième leçon est consacrée aux joueurs les plus emblématiques de l’histoire du jeu.

Davantage que d’autres sports collectifs, le handball fait la part belle à l’altruisme et à l’esprit d’équipe, si bien qu’il n’est pas forcément propice au concept même de star. Cependant, tout au long de l’histoire de ce sport, certaines individualités ont marqué les esprits durablement.

Kempa, le pionnier

Chronologiquement, la première star du handball fut sans aucun doute l’Allemand Bernhard Kempa, à une époque où le handball en salle était encore concurrencé par le handball en extérieur, juste après la Deuxième Guerre mondiale. Kempa, lui, pratique le jeu à onze aussi bien qu’à sept, et va faire beaucoup pour la popularité des deux disciplines. Meilleur joueur du deuxième Championnat du monde à sept, en 1954, l’Allemand était un attaquant redoutable et extrêmement spectaculaire. Il a ainsi donné son nom, dans son pays natal, au geste technique appelé “kung fu” en France (c’est-à-dire un tir en suspension, après avoir reçu une passe d’un coéquipier dans les airs).

Années 1960 et 1970, l’âge d’or roumain

Le cas de Bernhard Kempa fait cependant figure d’exception dans le handball encore en construction de l’après-Deuxième Guerre mondiale. A cette époque, le handball se développe surtout en Europe de l’Est, où l’idéologie favorise davantage le collectif qu’un individu en particulier au sein d’une équipe. Certains joueurs vont cependant entrer au panthéon des handballeurs dans les années 1960 et 1970. Cette période correspond à l’âge d’or de la Roumanie, qui remporte quatre fois le Championnat du monde en cinq éditions, entre 1961 et 1974. L’insaisissable ailier Cornel Otelea en profite pour devenir le premier joueur de l’histoire à compter trois titres de champion du monde (1961, 1964 et 1970). L’autre star roumaine de cette époque est l’imposant arrière Stefan Birtalan, meilleur buteur de l’édition 1974 et considéré à l’époque comme le meilleur joueur du monde.

Années 1980, l’avènement des superstars

Alors que le handball se professionnalise définitivement, les années 1980 marquent la montée en puissance de joueurs vedettes au sein des nations dominantes, qui ne sont plus les mêmes que précédemment. Ainsi, la Yougoslavie, championne olympique en 1984 et championne du monde en 1986, s’est fait une place de choix dans le sillage de sa superstar Veselin Vujovic. En 1988, le brillant arrière gauche monténégrin fait entrer le handball dans une nouvelle ère, en faisant l’objet d’un transfert pharaonique (pour l’époque) à Barcelone, puis en devenant le premier joueur à remporter le titre de Meilleur Handballeur Mondial de l’année. Mais cette année-là, c’est l’URSS qui remporte les Jeux Olympiques, là encore grâce à l’apport décisif d’une superstar : le gardien Andreï Lavrov. Extrêmement talentueux, énorme dans les moments importants, couvert de titres en sélection nationale, Lavrov restera aussi dans l’histoire du handball pour sa longévité exceptionnelle. Au cours de sa carrière longue de plus de 25 ans, le gardien aura ainsi participé à cinq éditions des Jeux Olympiques, un record absolu en handball masculin.

Années 1990, le handball s’internationalise

Dans les années 1990, les frontières traditionnelles du handball vont voler en éclat, sous le double effet de la fin du bloc soviétique et d’une internationalisation de plus en plus marquée. Les stars de la décennie illustrent parfaitement cette tendance. Le Sud-Coréen Yoon Kyung-Shin termine ainsi trois fois meilleur buteur du Championnat du monde (1993, 1995 et 1997), tandis que le génial Talant Dujshebaev, né au Kirghizistan, fait les beaux jours de la Russie puis de l’Espagne et devient le premier joueur à gagner deux titres de Meilleur Handballeur Mondial de l’année (1994 et 1996). Le leader de l’équipe de France, force montante des années 1990, le charismatique Jackson Richardson, est quant à lui né sur l’île de la Réunion, dans l’Océan Indien. La nation majeure de l’époque est cependant la Suède, qui remporte notamment les Championnats du monde 1990 et 1999. Emmenée par son duo d’arrières stars, Magnus Wislander et Stefan Lovgren, la sélection suédoise impulse le style du handball moderne, résolument athlétique.

Années 2000 et 2010, le règne des Experts

Champion du monde 2003 et champion olympique 2004 avec la Croatie, élu Meilleur Handballeur Mondial de l’Année à deux reprises (2003 et 2006) et même meilleur joueur de tous les temps par les internautes à l’issue d’une consultation sur le site de l’IHF en 2010, l’imprévisible meneur de jeu Ivano Balic est sans conteste la star du début du XXIe siècle. Mais la fin de sa carrière est marquée par plusieurs défaites cuisantes face aux invincibles Experts de l’équipe de France. Depuis 2006, cette génération exceptionnelle n’a laissé que des miettes aux autres nations, remportant huit trophées en dix ans. Les stars sont évidemment nombreuses chez les Experts, mais les plus brillantes sont certainement Thierry Omeyer, élu meilleur gardien de tous les temps lors de la consultation sur le site de l’IHF en 2010, et Nikola Karabatic, Meilleur Handballeur Mondial de l’année en 2007 et 2014. Toujours en activité, ces deux joueurs viseront un nouveau trophée au Championnat du monde 2017 en France, tout comme le Danois Mikkel Hansen, meilleur joueur du début des années 2010 et récent champion olympique à Rio avec le Danemark.

Karabatic