Les favoris du Championnat du monde 2017 présentés par Olivier Krumbholz

Karabatic_Danemark

9 janvier 2017

A partir de mercredi, 24 équipes vont prendre part au 25e Championnat du monde masculin de handball. Parmi elles, certaines semblent mieux armées que les autres pour espérer soulever le trophée, le 29 janvier prochain. Présentation des favoris du tournoi en compagnie du directeur de la compétition Olivier Krumbholz.

Je vois cinq principaux favoris pour ce Championnat du monde 2017 : la France, le Danemark, la Croatie, l’Espagne et l’Allemagne. Deux d’entre eux sortent du lot, à mon avis : la France, par ses résultats des dernières années et parce qu’elle jouera à domicile, et le Danemark, qui me semble bien armé et dans une bonne dynamique.”

Danemark

“C’est un effectif très complet, dans lequel il y a de très grands joueurs. Traditionnellement, les pays nordiques sont très forts dans la maîtrise des savoir-faire individuels, et ce Danemark est vraiment à cette image, il pratique un handball très technique, avec quelques joueurs franchement au dessus du lot. Évidemment, il y a Mikkel Hansen, mais je pense également au gardien de but Niklas Landin, qui est lui aussi un joueur extraordinaire.”

France

“Un peu comme pour le Danemark, la force de l’équipe de France, c’est d’abord d’avoir un effectif d’une grande richesse, mais c’est aussi d’avoir un amalgame entre jeunes et anciens qui fonctionne et qui permet d’avoir énormément de ressources. Il y a quand même beaucoup de talent dans cette équipe, peut-être plus encore que chez les Danois. Si les jeunes joueurs arrivent à s’exprimer et à faire preuve de culot, ils peuvent apporter beaucoup, mais il faut aussi de l’expérience pour les accompagner. L’équipe de France va justement devoir trouver cette alchimie entre les anciens, qui sont là pour solidifier l’édifice, et les jeunes, qui devront apporter du punch.”

Allemagne

“Cette équipe a été en difficulté pendant quelques années, alors que les internationaux allemands évoluent pour la plupart en Bundesliga, qui est le championnat le plus difficile, le plus rugueux. C’était un peu étonnant qu’ils n’aient pas de résultats, et là, tout d’un coup, ils reviennent fort. Comme la France, l’Allemagne présente un amalgame de générations plutôt intéressant. Il y a beaucoup de jeunes talentueux dans cette équipe, mais je ne suis pas certain, qu’ils parviennent à confirmer leurs excellents résultats de l’année 2016 (victoire à l’Euro, 3e aux Jeux Olympiques).”

Croatie

“Là aussi, il y a beaucoup de très bons jeunes. Ces dernières années, ils n’ont pas toujours eu les résultats escomptés, mais je pense qu’il est temps pour eux de repartir de l’avant. Certains de leurs joueurs sont très doués, et l’équipe a une maîtrise tactique intéressante, mais on a aussi parfois l’impression que ce n’est pas l’équipe la plus forte sur le plan mental. Quand ils sont en confiance, ils peuvent battre n’importe qui, mais quand ils sont dans le dur, ils peuvent lâcher. Ils ont parfois du mal à serrer le jeu dans les moments difficiles.”

Espagne

“C’est une équipe qui a beaucoup de joueurs de qualité, et qui est très constante au niveau des résultats ces dernières années. Quand il y a une contre-performance, ça rebondit vite derrière. Donc on peut s’attendre à ce qu’ils soient très motivés après avoir manqué les Jeux Olympiques. Ils ont une très bonne défense, notamment dans l’axe. Après, il faut aussi se dire que cette équipe est dans une phase de renouvellement, et il faudra voir comment elle tient le choc. Un joueur comme Alex Dujshebaev va par exemple avoir pour la première fois de lourdes responsabilités sur le poste d’arrière droit. S’il réussit son Championnat du monde, l’Espagne peut faire quelque chose de bien, mais l’inverse est vrai aussi.”

Qatar

Finaliste de la dernière édition à domicile, le Qatar n’est pas spontanément cité par Olivier Krumbholz parmi les favoris du Championnat du monde. Et pour cause : il se présente avec un effectif moins impressionnant que lors des compétitions précédentes. Olivier Krumbholz : “Il y a des joueurs majeurs qui ne sont pas là, mais il y en a aussi qui seront là, et non des moindres. Le problème du Qatar, c’est qu’il y a peu de rotation, donc à partir du moment où on enlève de très bons joueurs, ceux qui les remplacent sont nettement moins bons. L’effectif du Qatar est moins dense que celui des autres nations majeures, et ça risque de l’handicaper sur ce Championnat du monde.”

Les outsiders

“Est-ce qu’il peut y avoir une surprise, c’est la grande question ? Est-ce que l’Islande, la Russie ou la Norvège peuvent surprendre ces favoris ? Il faudra quand même garder un œil sur ces trois nations. Si je devais miser sur un outsider, je choisirais la Russie. Il y a des jeunes joueurs très talentueux dans cette équipe, et de grands gabarits. La Russie avait encore une équipe exceptionnelle il y a quelques années, c’est un grand pays de handball, et ils sont à mon avis en train de repartir vers les sommets. Je pense qu’ils peuvent réussir quelque chose lors de ce Championnat du monde.”