Les Slovènes parlent très bien français

Jure Dolenec et Matej Gaber - J Crosnier

26 janvier 2017

Au sein de l’effectif de la Slovénie, quatre joueurs sont passés par le club de Montpellier et deux d’entre eux y évoluent toujours – Vid Kavticnik et Jure Dolenec -, aux côtés notamment de Michaël Guigou, Ludovic Fabregas et Valentin Porte. Une connexion franco-slovène, qui promet de rendre encore plus savoureuse la demi-finale entre les deux nations, ce jeudi soir à l’AccorHotels Arena de Paris.

Vainqueur de la Ligue des champions 2003 et double-champion de France (2003 et 2004) avec Montpellier, le demi-centre Rastko Stefanovic fut le précurseur de la filière slovène au sein du club le plus titré de France. Depuis 2009, en effet, pas moins de six de ses compatriotes ont porté les couleurs du géant héraultais, certains marquant durablement l’histoire du club, à l’image de Vid Kavticnik, qui bouclera dans quelques mois sa huitième saison à Montpellier.

Guigou : “Les Slovènes passés à Montpellier nous ont beaucoup apporté”

Parmi les 16 joueurs composant l’effectif slovène pour ce Championnat du monde, ils sont ainsi quatre à avoir joué à Montpellier. Matej Gaber et Borut Mackovsek n’y évoluent plus aujourd’hui, mais Vid Kavticnik et Jure Dolenec sont en revanche devenus des cadres. Le dernier cité, qui quittera la Lidl Starligue pour rejoindre Barcelone l’été prochain, avance quelques arguments pour expliquer cette lune de miel permanente entre le MHB et les joueurs slovènes : “Nous sommes travailleurs, nous aimons nous entraîner, ce sont des choses que Patrice Canayer (l’entraîneur de Montpellier, ndlr) apprécie.

Figure historique du club 14 fois champion de France, le Français Michaël Guigou pointe pour sa part l’excellence technique des Slovènes. “Ce sont des joueurs de talent, qui sentent le handball et qui amènent autre chose, relève l’ailier droit. Tous ceux qui sont passés à Montpellier nous ont beaucoup apportés.” Et la réciproque est également vraie, à en croire Jure Dolenec (photo à gauche). “Montpellier est une ville que j’aime beaucoup, les gens du club et les supporters sont vraiment extraordinaires, ils sont toujours derrière nous, même quand ça va moins bien, loue le futur arrière droit du Barça. J’ai beaucoup appris et beaucoup progressé ici. Pour l’instant, mon meilleur souvenir, c’est notre victoire face au PSG en finale de la Coupe de France en mai 2016 à l’AccorHotels Arena, mais c’est sûr que si nous gagnons une médaille dans ce tournoi, ça peut changer…

Kavticnik : “Je vais tout donner pour battre mes potes !”

La demi-finale face aux Bleus ce jeudi soir, dans cette même AccorHotels Arena, sera forcément spéciale pour les Slovènes passés par Montpellier. “Ça fait huit ans que je suis en France, rappelle Vid Kavticnik, capitaine de la sélection slovène. J’ai beaucoup de potes en équipe de France, dont mon meilleur ami Nikola Karabatic (les deux hommes se sont rencontrés à Kiel, où ils ont tous les deux évolués de 2005 à 2009, ndlr), donc bien sûr que ça va être particulier pour moi, mais je vais tout donner pour battre mes potes !” Et Jure Dolenec de renchérir : “En dehors du terrain, nous sommes amis, mais sur le terrain, une seule équipe s’imposera, donc il n’y aura pas d’amis, confirme Jure Dolenec. C’est normal, nous sommes professionnels.

Vujovic : “Mes joueurs connaissent le handball français”

Ce contingent “francophile” peut-il constituer un avantage au moment d’affronter le champion du monde en titre, désormais favori de la compétition ? Le sélectionneur Veselin Vujovic le pense : “Ça peut être un atout. Ils connaissent le handball français et c’est très important pour moi.” Mais ses joueurs ne sont pas forcément du même avis. “Je ne dirais pas que c’est un avantage, nuance Borut Mackovsek, passé par Montpellier entre 2014 et 2015, parce que des joueurs comme Narcisse, Omeyer ou Nikola Karabatic sont parmi les meilleurs de l’histoire du handball. Donc le fait que nous les connaissions bien ne change rien pour eux, tout le monde les connaît !

Photo : Julien Crosnier/France Handball 2017