Paroles d’ambassadeurs : “Le handball change de dimension”

Ambassadeurs - Montigby

16 janvier 2017

Alors que la première semaine de compétition se termine, nos quatre Ambassadeurs phénoménaux font un point sur le Championnat du Monde 2017. Valérie Nicolas, Jérôme Fernandez, Bruno Martini et Philippe Gardent livrent avec enthousiasme leurs premières impressions, des coulisses et du terrain.

Quel événement vous a le plus marqué depuis le début du Championnat du monde 2017 ?
Valérie Nicolas : “L’affluence dans les salles ! Pour les matchs de la France, c’était attendu. Mais il y également du monde sur tous les autres sites, où les matches se disputent régulièrement à guichets fermés (photo à Nantes ci-dessous). L’engouement suscité par l’événement fait plaisir à voir. Une pub télé d’un partenaire (Lidl, ndlr) avec les équipes de France masculine et féminine, c’est aussi quelque chose de nouveau dans le handball. On est passé dans une autre dimension.”

Jérôme Fernandez : “Cela me fait très plaisir de voir tout cet enthousiasme dans les salles et autour de la compétition. C’est génial ! Habituellement, lorsque vous jouez un Championnat du Monde, les tribunes ne se remplissent qu’à partir des quarts de finale. Là, il y a du monde partout, depuis le début, dans une ambiance très fair-play. Sur le plan sportif, quelques équipes sont en difficulté, comme c’est souvent le cas après les Jeux Olympiques, néanmoins, quatre ou cinq sélections se détachent déjà.

Bruno Martini : La victoire du Chili est un fait marquant, parce qu’on ne s’y attendait pas ! Surtout face à la Biélorussie qui possède une bonne génération. C’est toujours intéressant de voir une nation non européenne battre une équipe européenne. Plus généralement, le Championnat du monde 2017 fait mieux que toutes les éditions précédentes, en termes de public, d’organisation et de visibilité.”

Philippe Gardent : “Au-delà de l’aspect sportif, il faut souligner toute la communication réalisée autour de la compétition. Elle est énergique et très plaisante. On bouffe du handball, on n’est pas habitué, mais c’est une juste reconnaissance. L’engouement populaire autour de l’équipe de France est vivace, c’est très agréable.”

Nantes
Hormis la France, quelle équipe vous a le plus impressionné ?
Valérie Nicolas : “Le Danemark (photo ci-dessous Mikkel Hansen). Cette équipe reste dans la lignée de sa médaille d’or olympique. On devrait la retrouver en finale, j’espère face à la France. La Norvège a également montré de belles choses malgré sa défaite contre les Bleus. L’Allemagne ou encore l’Espagne sont des équipes qu’on devrait aussi retrouver en fin de compétition.”

Jérôme Fernandez : “Le Danemark et l’Allemagne sont déjà bien en place. Les favoris peuvent avoir tendance à pêcher un peu en début de compétition. Ce n’est pas le cas ici, ils maîtrisent déjà leur sujet, même si pour l’Espagne, c’était un peu moins vrai, notamment contre la Tunisie.” 

Bruno Martini : “Je n’ai pas encore été impressionné par une équipe en particulier. En tous les cas, les grosses comme l’Allemagne, le Danemark, la Suède ou l’Espagne répondent présent. Ça promet une grosse densité en quarts de finale.”

Philippe Gardent : “L’Allemagne n’est pas mal, avec un jeu assez propre. Idem pour le Danemark. On devrait retrouver les favoris en fin de tournoi. J’ai plus de doutes sur les Espagnols, je trouve qu’ils manquent d’impact physique. Même si leur jeu est propre, ils manquent de puissance. A un moment, ils risquent de le payer cash.”

Hansen - Crosnier

Quel joueur est-il particulièrement sorti du lot ?
Valérie Nicolas : “Je dirais Uwe Gensheimer (photo à gauche, ci-dessous). L’Allemand vient tout juste de perdre son papa et dans ce contexte difficile, il a pourtant débuté son Championnat du monde en marquant 13 buts contre la Hongrie. C’est un joueur extraordinaire, avec un bras et un poignet impressionnants.”

Jérôme Fernandez : “Dans l’ensemble, les cadres des équipes favorites sont entrés de plain-pied dans leur compétition. Ils devraient encore plus peser dans le jeu en deuxième partie de compétition.”

Bruno Martini : “Sur les matchs que j’ai vus, je dirais sans originalité Nikola Karabatic. Elle joue d’une certaine manière quand il est là et c’est différent lorsqu’il n’est pas sur le terrain. C’est vraiment lui le boss.”

Philippe Gardent : “Il y en a deux. Ludovic Fabregas est vraiment dans le bon tempo depuis le début du Championnat du Monde. Avec la blessure de Luka Karabatic, son rôle va s’étoffer encore un peu plus au sein de l’équipe de France. Et au vu de son jeune âge (20 ans), ce qu’il produit est déjà intéressant. Défensivement, il est bien en place. Il a également bien amélioré son efficacité au shoot. L’autre joueur, c’est le Macédonien Kiril Lazarov. Le gaucher de Barcelone est présent depuis des années sur la scène internationale et c’est un véritable sniper. Un joueur pas du tout physique, mais qui compense par une précision incroyable au tir. A 36 ans, il est toujours là.”

Gensheimer_Reichmann_01_Pillaud

Que retenez-vous après les trois premiers matches des Bleus ?
Valérie Nicolas : “Depuis le début, ils sont très appliqués. Didier Dinart et Guillaume Gille font bien tourner leur effectif et toutes ces rotations leur serviront pour la suite de la compétition. Dans une poule qui semblait compliquée sur le papier, ils avancent tranquillement, en se rendant eux-mêmes les choses faciles. C’est tout à leur honneur.”

Jérôme Fernandez : “La défense est bien en place et il y a beaucoup de sérieux et d’application dans les montées de balle et le jeu placé. Quelques-uns ont des petits pépins et sont préservés, à l’image de Daniel contre la Norvège, mais dans l’ensemble tout le monde est bien dans la compétition. Les deux prochains matches (contre la Russie ce mardi, puis la Pologne, jeudi 19 janvier, ndlr) vont servir à monter en puissance.”

Bruno Martini : “Il fallait répondre présent dès le match contre le Brésil et les Bleus l’ont fait de façon brillante. Ils ont ensuite été capables d’élever leur niveau contre la Norvège. Mais ce n’est que le début.”

Philippe Gardent : “Comme a pu le dire Didier Dinart, l’équipe de France est solide défensivement, ce qui permet à Thierry Omeyer et Vincent Gérard de réaliser de bonnes prestations dans leur but. De toute manière, il est impossible de gagner un titre de champion du monde si vous n’êtes pas au niveau sur ce plan-là. En attaque, il n’y a pas que des choses positives. Il y a des enclenchements qui tiennent la route, mais on prend encore souvent des options individuelles.”

Photos : Philippe Montigny/France Handball 2017 et Stéphane Pillaud/IHF