Norvège-Sagosen, le boss est un prodige

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25 janvier 2017

Meilleur demi-centre de l’Euro 2016, Sander Sagosen confirme son énorme potentiel depuis le début du Championnat du monde 2017. A tout juste 21 ans, le jeune leader de la Norvège maitrise ses émotions et ne fuit pas les responsabilités. Il vise maintenant une médaille.

On dit souvent que le plus dur, c’est de confirmer. Sander Sagosen est donc en train de réussir le plus dur. A 20 ans, le prodige norvégien avait été élu meilleur demi-centre de l’Euro l’an dernier, en Pologne, où il avait mené sa sélection en demi-finale. Douze mois plus tard, les Scandinaves sont encore dans le dernier carré et leur maître à jouer n’est évidemment pas étranger à leur réussite. Onzième meilleur buteur (36 buts), deuxième meilleur passeur (38), il devrait finir la compétition en tête du classement combiné, pour l’instant encore dominé par le Macédonien Kiril Lazarov (78 points). Mais, plus que ses statistiques, c’est le sentiment de maîtrise totale qu’il affiche sur le terrain qui impressionne. Tous les ballons “chauds” passent par lui et il en fait, presque à tous les coups, bon usage grâce à sa palette technique combinée à son physique (1,95 m, 93 kg).

“Mon rôle est d’essayer d’être le leader que je peux être, sur et en dehors du terrain”, expliquait-il après la qualification face à la Hongrie (31-28). Si son sélectionneur Christian Berge le protège, il n’a pas hésité à lui confier les clés du camion norvégien, bluffé par la maturité du gamin, appelé pour la première fois en sélection à tout juste 18 ans. “Il est plutôt calme avant les matches”, confirme Stine Oftedal, l’internationale norvégienne qui est aussi sa belle-sœur. Mais si Sagosen arrive à maîtriser ses émotions et faire les bons choix au bon moment, c’est aussi et surtout parce qu’il a une grande confiance en lui, et en ses partenaires. “Je suis vraiment vraiment fier de cette équipe, a-t-il confié. Nous pouvons battre n’importe qui, nous avons faim et nous voulons la première médaille de notre histoire.”

Au sein de ce groupe jeune, où les joueurs, selon lui, sont “vraiment proches les uns des autres” et adorent “passer du temps ensemble”, le demi-centre ou arrière gauche est dans le contexte idéal pour s’épanouir. “Arriver à faire tout ça ensemble nous rapproche encore plus les uns des autres, détaille-t-il. Il y a vraiment une super ambiance dans l’équipe”. Dans le vestiaire, Sander Sagosen est parfois “le gars qui fait des blagues potaches”. Mais, sur le terrain, il ne rigole plus. La Croatie, prochain adversaire de la Norvège en demi-finale, vendredi 27 janvier à l’AccorHotels Arena (20h45), est prévenue. D’autant que l’actuel joueur d’Aalborg voudra particulièrement briller à Paris, lui qui est “très heureux”, comme l’explique Oftedal, de jouer les demi-finales dans la ville qu’il rejoindra l’an prochain. Un transfert au PSG qui valide sa progression et qui pourrait lui permettre de confirmer son potentiel incroyable. Cette fois, aux côtés des plus grands.

Photo : Vincent Michel/IHF