SLO-QAT : La Slovénie affrontera la France en demie

Jure Dolenec - J Crosnier

24 janvier 2017

Malgré un relâchement en fin de rencontre, la Slovénie a maîtrisé son quart de finale face au Qatar (32-30), ce mardi à l’AccorHotels Arena de Paris. Elle y retrouvera l’équipe de France en demie, jeudi 26 janvier (20h45).

La feuille de match
Les résultats des quarts
Le tableau final

Avec la Slovénie en demi-finale, c’est le beau jeu qui est récompensé. Le jeu de passes, de grands mouvements entre arrières, de la technique individuelle mise au service du collectif. Face aux puissants Qataris, ce mardi soir à l’AccorHotels Arena, les petits gabarits slovènes ont parfaitement réciter leur partition, malgré un relâchement dans les dernières minutes (32-30 score final). Difficile d’affirmer qu’ils auraient pu imposer leur loi de la même manière face à l’Allemagne, battue par le Qatar à la surprise générale, deux jours plus tôt dans cette même salle parisienne (20-21). Mais une chose est sûre, ils n’ont pas volé leur place dans le dernier carré, qu’ils avaient déjà rejoint en 2013. Quatrièmes de ce Championnat du monde espagnol, ils tenteront cette fois de monter sur le podium. Ils devront d’abord se mesurer à l’équipe de France, qui a sorti la Suède un peu plus tôt (33-30).

Bien entrés dans leur quart de finale, grâce à deux premiers buts de Nik Henigman et de Miha Zarabec, une nouvelle fois impeccable dans son rôle d’organisateur, les Slovènes ont fait la course en tête durant toute la première période, bouclée à +3 (18-15). Un écart plutôt flatteur pour les Qataris, qui ont marqué deux fois dans les 45 dernières secondes, par Rafael Capote et Hassan Mabrouk. Le premier, MVP face à l’Allemagne, contre laquelle il avait inscrit 9 buts, a eu plus de mal à peser sur la rencontre (5/13). Parfois pris de vitesse en défense ou sur le repli, en difficulté au tir, le meilleur arrière gauche du Championnat du monde 2015 n’était peut-être pas taillé pour une opposition de styles aussi marquée. Sans doute, aussi, que ses jambes étaient trop lourdes après un huitième de finale intense.

A l’image de Capote, le gardien Danijel Saric, remplacé en première période avant de revenir sur le terrain, n’a pas eu son rayonnement habituel (5 arrêts, à 16%). Sans ses deux joueurs majeurs à leur meilleur niveau, le Qatar ne pouvait pas espérer mieux. D’autant que dès le retour des vestiaires, les Slovènes reprennent leur jeu rapide et marquent trois fois de rang, par Bezjak, Grebenc et Janc. Ils ne seront plus inquiétés, même si leurs adversaires, auteurs d’un réveil tardif, leur ont passé un 6-0 dans les dernières minutes. A 70 % de réussite au tir au coup de sifflet final, les joueurs de Veselin Vujovic ont rendu une copie offensive presque parfaite. Et un seul de leurs joueurs de champ, Kodrin, n’a pas marqué, preuve de leur irrésistible puissance collective.

Difficile dans ce contexte de sortir un joueur slovène du lot, mais c’est bien Jure Dolenec (5/6) qui a reçu le trophée de MVP (photo). Après la Russie et le Qatar, le futur Barcelonais et ses coéquipiers vont donc faire face aux Bleus, des clients d’un tout autre niveau, qui les avaient battus à deux reprises en préparation. Mais à chaque match son histoire et, en quelques semaines, la Slovénie semble avoir gagné beaucoup de confiance en elle.

Les réactions :

Darko Cingesar (ailier gauche de la Slovénie) : “C’est une super sensation, je n’arrive pas à croire que nous avons gagné. En première période, nos contre-attaques ont fait la différence, nous étions vraiment rapides et avons réussi à marquer beaucoup de buts. En deuxième période, nous étions meilleurs en défense et nous avons fait un gros trou, ce qui nous a permis de gagner à la fin. Ça va être ma première demi-finale d’une grande compétition, donc je suis vraiment heureux et je suis impatient de jouer le prochain match face à la France.”

Bertrand Roiné (arrière gauche du Qatar): “Le problème, c’est notre première période, nous avons pris trop de buts, surtout sur leurs contre-attaques et leurs engagements rapides. On a connu des problèmes sur nos changements, le pivot et les ailiers se sont parfois retrouvés seuls. Est-ce que c’est un manque de concentration ? Je ne sais pas… Il y a beaucoup de petits détails et de petites erreurs, on finit à deux buts, c’est vraiment rageant.”

Photo : Julien Crosnier/France Handball 2017