Stars du Championnat du monde : Aron Palmarsson

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9 décembre 2016

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Chaque semaine, nous vous proposons le portrait complet d’un joueur qui fera l’actualité du Championnat du monde 2017 commenté par un des quatre ambassadeurs sportifs de la compétition. Cette semaine, l’Islandais Aron Palmarsson vu par Philippe Gardent.

Le parcours

Issu d’une famille de sportifs, il est le fils de Palmar Sigurdsson, ancien international islandais de basketball, et le neveu d’Eidur Gudjohnsen, sans doute le footballeur le plus célèbre de l’histoire du pays ! Pour sa part, Aron Palmarsson choisit le handball, sport pour lequel il montre rapidement d’immenses aptitudes au poste d’arrière gauche ou de demi-centre. A 15 ans, en mars 2006, il fait ainsi ses débuts avec l’équipe A du club de sa ville natale, Hafnarfjodur, et marque dès son premier match ! Son ascension est ensuite irrésistible : il intègre l’équipe d’Islande à 18 ans, après les Jeux Olympiques 2008, puis rejoint le club de Kiel, géant du handball européen, à l’âge de 19 ans. Elu meilleur rookie de Bundesliga en 2010, Palmarsson empile les titres avec les Zèbres pendant six saisons, notamment deux Ligues des champions en 2010 et 2012. En 2014, Kiel s’incline en finale contre Flensburg, mais le demi-centre islandais est élu MVP du Final Four. A l’été 2015, Aron Palmarsson quitte Kiel pour Veszprem, un autre poids lourd du handball européen. Sa première saison avec le club hongrois s’est achevée par une défaite sur le fil en finale de la Ligue des champions face à Kielce, en mai dernier. Au fil des années, il est aussi devenu le joueur majeur de l’équipe d’Islande, avec laquelle il a décroché la médaille de bronze à l’Euro 2010 en Autriche, puis a été élu meilleur arrière gauche des Jeux Olympiques de Londres en 2012. En janvier en France, Aron Palmarsson sera à nouveau celui sur qui repose l’essentiel des espoirs islandais.

L’avis de Philippe Gardent, ambassadeur du Championnat du monde

“C’est un joueur un peu atypique. Il n’a pas un gabarit hors-normes, loin de là. Il est même plus petit que la plupart des arrières, mais il est capable de mettre la misère à tout le monde. Il a un bras assez extraordinaire, notamment en appui. Ça part un peu dans tous les sens, ses tirs sont difficiles à lire pour la défense adverse, c’est une de ses qualités principales. Balle en main, il est dangereux en permanence, qu’il soit à l’arrêt ou en mouvement. Il y a certains joueurs qui ont besoin de se mettre en course pour créer le danger, pas lui. Il est vraiment attiré par le but, par l’efficacité. Dès qu’il voit une fenêtre de tir, il la prend, et il la prend de fort belle manière. Défensivement en revanche, il est perfectible. Il est encore jeune, donc il peut s’améliorer là-dessus et il peut encore progresser sur la sélection de ses tirs. Il a une telle volonté de scorer, qu’il peut parfois avoir un peu de déchet. Mais c’est le jeu, il a aussi décanté tellement de situations improbables en jouant de cette manière… C’est un leader au sein de l’équipe islandaise. D’ailleurs, ce n’est vraiment plus la même équipe quand il n’est pas là. L’Islande a de bons joueurs, mais avec Palmarsson, ils sont capables de battre n’importe qui, alors que sans lui, ils rentrent dans le rang.”

Aron Palmarsson et le Championnat du monde 2017

“C’est toujours génial de participer à une grande compétition comme le Championnat du monde. Je pense que celui-ci va être vraiment réussi, car il est organisé en France. J’aime ce pays et j’ai beaucoup d’amis français avec lesquels j’ai eu l’occasion de jouer en club. Notre objectif, sur cette compétition, est de sortir de la phase de poules et de voir ce qu’il se passe ensuite. Je ne pense pas qu’il y ait de poules plus faciles ou plus difficiles dans ce tournoi, je pense que nous pouvons battre toutes les équipes de notre poule, mais que nous pouvons aussi perdre contre chacune d’entre elles. A l’évidence, l’Espagne est favorite, et ensuite il y a la Slovénie, qui joue vraiment bien depuis quelques années. La Tunisie est toujours une équipe forte et dangereuse. Nous avons souvent joué contre la Macédoine ces derniers temps, et ils sont toujours difficiles à battre. Je ne sais pas grand chose de l’Angola, qui figure aussi dans le même groupe que nous.”

L’action phénoménale

Pour illustrer le talent d’Aron Palmarsson, revenons en 2010 et à l’Euro organisé cette année-là en Autriche. A l’époque, l’arrière gauche de 19 ans est encore un débutant en équipe nationale, mais il fait preuve d’un culot épatant. Ainsi, en demi-finale contre la grande équipe de France, Palmarsson conclut une superbe action collective avec deux gestes de grande classe : une feinte de passe à l’aile parfaite qui mystifie Didier Dinart et Luc Abalo, et un tir ultra-précis en pleine lucarne pour tromper Thierry Omeyer. Tout simplement brillant !

Photo: Fédération norvégienne de handball