Stars du Championnat du monde : Valero Rivera

rivera_valero_01_pillaud

4 novembre 2016

,

Chaque semaine, nous vous proposons le portrait complet d’un joueur qui fera l’actualité du Championnat du monde 2017 commenté par un des quatre ambassadeurs sportifs de la compétition. Cette semaine, l’Espagnol Valero Rivera vu par Philippe Gardent.

Le parcours

Quand on est le fils d’une légende, il faut parfois savoir sortir de l’ombre envahissante du père pour se faire une place, a fortiori quand on porte le même prénom que lui. Voilà un bon résumé de la carrière de Valero Rivera Folch, fils de Valero Rivera Lopez, ancien international espagnol et mythique entraîneur du FC Barcelone, six fois vainqueur de la Ligue des champions entre 1991 et 2000. Formé au Barça, alors toujours entraîné par son père, Valero Rivera connaît un début de carrière difficile, inhibé par la pression médiatique autour de son patronyme. En 2010, il prend la décision de s’exiler en France, à Nantes, pour poursuivre sa progression en échappant à cette pression. Bon choix : il devient rapidement l’une des stars de la LNH (élu meilleur joueur du championnat en 2012) et intègre l’équipe nationale espagnole en 2012… sous les ordres de son père, sélectionneur de 2008 à 2013. S’il n’est alors pas épargné par les critiques, Valero Rivera participe au triomphe à domicile lors du Championnat du monde 2013 (6 buts en finale), puis devient peu à peu un cadre des « Hispanos ». Elu meilleur ailier gauche du Championnat du monde 2015, il décroche ensuite le titre de meilleur buteur de l’Euro 2016, avec 48 réalisations au compteur. Ses performances excellentes et sa régularité, en club comme en sélection, l’ont finalement conduit à un retour triomphal au FC Barcelone, l’été dernier. A 31 ans, Valero Rivera brille désormais tellement qu’il ferait presque de l’ombre à son père, actuel sélectionneur du Qatar…

L’avis de Philippe Gardent, ambassadeur du Championnat du monde

“C’est un peu le petit dernier, dans le sens où il a percé tardivement en sélection. Il a eu une maturité un peu tardive, il a un nom difficile à porter, et puis pendant des années, il y a eu du beau monde à son poste en équipe d’Espagne. Il a fait un parcours intelligent, il a appris, ou plutôt peaufiné ses gammes à Nantes, dans un rôle vraiment très dominant de finisseur et de tireur de penalties, et il est en train de s’épanouir dans un gros club. Je pense que sa trajectoire, il l’avait déjà en tête depuis quelques années, il rêvait de retourner au Barça. C’est un garçon que j’apprécie beaucoup, parce qu’il est hyper efficace et qu’il marie l’efficacité avec l’élégance, dans le geste et dans la tenue. Il fait partie de cette caste de joueurs à la fois très bons et élégants, et ils ne sont pas nombreux. Il est adroit comme un singe ! Et il sent le handball aussi bien qu’un Michaël Guigou, qui est une référence à son poste. Il pourrait jouer à tous les postes ou presque. J’ai des souvenirs de l’époque où il il jouait à Nantes, lorsqu’ils étaient un de moins, il rentrait parfois au poste de pivot contre nous. Il fait 1m75, mais il nous faisait des misères, grâce à son placement et à sa lecture de l’espace… Il arrivait toujours à trouver la faille défensive. Je ne lui vois pas beaucoup de défauts. Défensivement, à l’aile, c’est pas mal. Il est adroit, véloce, régulier, tout ce qu’on demande à un ailier. C’est un véritable poison pour la défense adverse.”

Valero Rivera et le Championnat du monde 2017

“Le premier mot qui me vient à l’esprit est « excitation », je suis très excité à l’idée de jouer ce Championnat du monde, ça va sans aucun doute être un vrai succès d’organisation. Bien sûr, le fait de jouer ce Championnat du monde en France apporte une valeur ajoutée pour moi. J’ai passé six merveilleuses années à Nantes, ma femme est française et mes fils sont nés en France. Du coup, je considère la France comme mon « deuxième pays ». Notre but dans ce Championnat du monde sera d’aller chercher une médaille, nous sommes l’Espagne et nous nous battons toujours pour gagner. Notre groupe est difficile, mais c’est toujours le cas en Championnat du monde. Chaque année, le niveau se resserre encore davantage et nous devrons rester concentrés.”

L’action phénoménale

Tout le talent de Valero Rivera semble résumé dans ce formidable but inscrit la saison passée avec Nantes, contre Montpellier. De l’intelligente course initiale pour venir se placer au cœur de la défense, à la délicieuse roucoulette en déséquilibre pour tromper le gardien, tout dans cette action est idéalement exécuté.

Photo : Stéphane Pillaud

+
Les brèves