Vincent Gérard, le triomphe modeste

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30 janvier 2017

Remplaçant de Thierry Omeyer au début du Championnat du monde, Vincent Gérard a été élu meilleur gardien de la compétition à l’issue d’une nouvelle grande performance en finale, dimanche face à la Norvège (33-26). Pas de quoi s’enflammer pour autant.

Il n’y a pas de très grande équipe sans très grand gardien. Thierry Omeyer a longtemps été celui de l’équipe de France, celle qui emporte tout sur son passage. C’est pour son expérience, sa capacité à se transcender lors des plus grands rendez-vous, que Didier Dinart l’a titularisé dimanche, en finale du Championnat du monde face à la Norvège (33-26). Sur son banc, Vincent Gérard, décisif en quart de finale face à la Suède (33-30) puis héros inattendu de la demie contre la Slovénie (31-25, 16 arrêts à 41%), attendait patiemment son tour. “Je me prépare pour rendre service, pour pouvoir être opérationnel tout de suite”, commentait sobrement le portier de Montpellier.

Lancé sur le terrain après un quart d’heure de jeu, Gérard est monté en puissance tout au long de la finale, à l’image de son tournoi. Ses parades en fin de première période ont redonné de l’élan aux Bleus, en tête à la pause. Et, au retour des vestiaires, il a continué son festival avant de s’offrir en fin de match une interception qui a fait rugir de plaisir les 15 609 spectateurs de l’AccorHotels Arena de Paris. “Gagner un titre comme cela devant nos familles, nos amis, nos enfants… C’est incroyable, savourait-il en zone mixte après la rencontre. On a vécu six semaines qui étaient parfois compliquées, parce qu’on travaille, c’est long et on est loin de chez nous. Mais ça vaut le coup quand on s’impose comme ça au final.”

Élu meilleur gardien du Championnat du monde, celui qui s’est révélé à Dunkerque n’en faisait pas toute une histoire : “Cette distinction c’est sympa mais, croyez moi, je m’en fous un peu”. Son vrai plaisir, c’était de partager avec ses proches mais aussi avec Thierry Omeyer, son coéquipier et modèle qui lui a beaucoup apporté. “Je suis très heureux de pouvoir échanger avec lui, expliquait-il. C’est un si grand gardien… Le plus grand de tous les temps. De pouvoir avoir la chance d’être avec lui au quotidien, voir comme il travaille et qu’il partage ses connaissances avec moi, c’était un réel bonus”. Elle est là la vraie réussite de ces Experts version 2017, où tous les remplaçants présumés ont élevé leur niveau, bien aidés par l’altruisme des cadres. Et Gérard de conclure : “On ne gagne pas un titre si on n’est pas tous performants”. Si on n’a pas un très grand gardien non plus, assurément.

Photo : Stéphane Pillaud/IHF